Maladie de Charcot-Marie-Tooth : comprendre, vivre avec et anticiper l’avenir
Découvrez la maladie de Charcot-Marie-Tooth, ses symptômes, son diagnostic et les options de traitement pour améliorer la qualité de vie.
Découvrez la maladie de Charcot-Marie-Tooth, ses symptômes, son diagnostic et les options de traitement pour améliorer la qualité de vie.
Quand on entend parler de la « maladie de Charcot », on pense souvent à Stephen Hawking. Le célèbre astrophysicien vivait avec une sclérose latérale amyotrophique (SLA). Cette maladie grave qui affecte les neurones moteurs et entraîne une paralysie progressive. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est qu’il existe une autre pathologie, au nom très similaire : la ou les maladies de Charcot-Marie-Tooth. Et pourtant, ces deux maladies n’ont rien à voir.
La confusion vient surtout du nom. La SLA, qu’on appelle aussi parfois simplement « maladie de Charcot », attaque le système nerveux central. Elle évolue rapidement et touche la motricité globale. Charcot-Marie-Tooth (CMT), elle, est une maladie neuropathie génétique rare, qui affecte les nerfs périphériques. Elle évolue beaucoup plus lentement et se manifeste surtout par des troubles moteurs et sensitifs au niveau des pieds, des jambes et des mains. Alors non, Stephen Hawking n’avait pas la maladie de Charcot-Marie-Tooth, malgré sa longévité impressionnante, même si les noms peuvent prêter à confusion. Et c’est justement pour ça qu’il est important de mieux comprendre cette neuropathie, encore trop méconnue du grand public.

Les maladies de Charcot-Marie-Tooth (souvent abrégées en CMT) sont des neuropathies périphériques héréditaires. Elles doivent leur nom aux trois médecins qui les ont décrites en 1886 : Jean-Martin Charcot, Pierre Marie, et Howard Henry Tooth. En clair, cela veut dire qu’elles sont transmises par les gènes, et qu’elles touchent les nerfs chargés de faire circuler l’information entre le cerveau, la moelle épinière et les muscles. Elle touche entre 30 000 et 50 000 personnes en France, soit 1 personne sur 2500.
À ce jour, 80 gènes ont été identifiés comme responsables de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, chacun entraînant une forme spécifique de la maladie.
Afin de classifier ce nombre de variantes les médecins et les chercheur•euses ont mis au point une classification en 3 critères :
Selon ces critères, donc, il existe à ce jour 6 grandes catégories de Charcot-Marie-Tooth : CMT1, CMT2, CMT4, CMTX, DI-CMT et RI-CMT.
Ces anomalies génétiques entraînent une atteinte des nerfs périphériques comme ceux des jambes et des bras. Il devient alors difficile le fait de se mouvoir sans fauteuil ou sans aide technique du membre supérieur. Cela se traduit principalement par un manque de force musculaire, des troubles de la sensibilité des extrémités et des problèmes d’équilibre.
Le coup de pouce du poulpe : vulgarisation des termes
• La gaine de myéline est la couche isolante autour du nerf, c’est similaire à du plastique entourant un fil électrique.
➡️ https://fr.wikipedia.org/wiki/My%C3%A9line
• L’axone est le prolongement du nerf, c’est lui qui transporte le signal vers les extrémités du corps humain.
➡️ https://fr.wikipedia.org/wiki/Axone
• Lorsque l’on dit d’un gène que sa transmission est autosomique dominante cela signifie qu’un seul parent porteur peut transmettre la maladie.
➡️ https://fr.wikipedia.org/wiki/Transmission_autosomique_dominante
• Lorsque l’on dit d’un gène que sa transmission est autosomique récessive, cela signifie que les deux parents doivent être porteurs.
➡️ https://fr.wikipedia.org/wiki/Transmission_autosomique_r%C3%A9cessive
• Quand un gène est dit “lié à l’X”, cela signifie qu’il se trouve sur le chromosome X. Chaque parent transmet un chromosome sexuel à son enfant :
👉 Le père (XY) transmet soit un X (s’il a une fille), soit un Y (s’il a un garçon)
👉 La mère (XX) transmet toujours un de ses deux chromosomes X.
Cela a des conséquences différentes selon que l’enfant est une fille (XX) ou un garçon (XY) car les garçons n’ont qu’un seul X. ➡️ https://fr.wikipedia.org/wiki/Transmission_r%C3%A9cessive_li%C3%A9e_%C3%A0_l%27X
Comme dit précédemment, la maladie de Charcot-Marie-Tooth et la maladie de Charcot (sclérose latérale amyotrophique) sont deux pathologies différentes.
| Nom | Maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) | Sclérose latérale amyotrophique – maladie de Charcot |
| Type | Maladie génétique héréditaire | Maladie neurodégénérative des motoneurones (non héréditaire) |
| Gravité | Chronique, lente et non mortelle | Rapide, grave et fatale |
| Cause | Mutations génétiques affectant les nerfs périphériques (ceux qui contrôlent les muscles et qui communique sur les sensations avec le cerveau) | Les motoneurones centraux et périphériques comme le cortex ou la moelle meurent petit à petit |
| Âge de début de la maladie | Enfance ou adolescence (parfois plus tard) | Âge adulte |
| Symptômes | – Faiblesse musculaire progressive – Déformation des pieds – Perte de sensibilité dans les extrémités – Troubles de l’équilibre | – Paralysie musculaire progressive – Petits mouvements involontaires des muscles (fasciculations) |
| Traitement | Pas de traitement curatif, mais : – Rééducation et orthèses possible – Vie adaptable pour rester autonome | Pas de traitement curatif, mais : – Essais cliniques prometteurs – Ralentissement de la maladie possible |
Le vocab du poulpe : motoneurones, kézako ?
Un motoneurone est une cellule nerveuse particulière qui sert à faire bouger les muscles. Il agit comme un messager entre le cerveau et les muscles pour provoquer un mouvement ou une contraction. S’il est abîmé, comme dans la maladie de Charcot (SLA), le muscle ne reçoit plus l’ordre de se contracter, il s’affaiblit donc et se paralyse.

La maladie de Charcot-Marie-Tooth est la neuropathie (pathologie des nerfs) héréditaire la plus fréquente, on connaît assez bien les premiers symptômes qui surgissent durant l’enfance ou l’adolescence :
La CMT est un vaste ensemble de variantes, il y en a où les femmes sont asymptomatiques, d’autres encore où il n’y a que les déformations du pieds pour attester des premier signes de la maladie. Chaque type dispose de ses propres particularités.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth entraîne quotidiennement des limitations physiques. Ces dernières peuvent rendre compliqués les gestes simples comme la marche ou le fait de manipuler de petits objets. Les personnes concernées sont souvent fatiguées dû aux efforts supplémentaires qu’elles émettent pour compenser la faiblesse musculaire qui s’installe progressivement. Afin de maintenir leur mobilité, limiter de potentielles chutes et conserver leurs forces, elles ont souvent recours à des aides techniques motorisées ou non comme des attelles, des cannes, des fauteuils roulants… Même si la maladie est lente, elle n’en reste pas moins invalidante et a un impact certain sur le confort et la qualité de vie.
Lorsque l’on soupçonne un cas de Charcot-Marie-Tooth, le premier réflexe à avoir est de consulter un médecin traitant qui vous fera passer une batterie de tests. Tout commence par un examen clinique neurologique, où le ou la professionnel•le de santé évalue la force musculaire, les réflexes et la sensibilité. Viennent ensuite des examens complémentaires, comme l’électromyogramme (EMG), qui mesure l’activité électrique des nerfs et des muscles pour détecter une atteinte neuropathique.
Les tests génétiques jouent un rôle essentiel pour confirmer le type de CMT en cause et orienter la prise en charge. Toutefois, il est encore fréquent que les concerné•es traversent une errance diagnostique, parfois longue, avant d’obtenir un nom sur leurs symptômes. C’est pourquoi il est recommandé de s’adresser à un centre expert en maladies rares, où les équipes sont formées à ce type de pathologie et disposent des outils nécessaires pour poser un diagnostic fiable et rapide.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est une neuropathie héréditaire, c’est-à-dire qu’elle est transmise par les gènes. Il existe plusieurs modes de transmission génétique :
Dans certains cas, la mutation est “de novo”, c’est-à-dire qu’elle apparaît spontanément, sans être héritée des parents. Cela peut compliquer le diagnostic et surprendre les familles.
Pour aider les proches à comprendre les risques de transmission et envisager un projet parental, le conseil génétique est essentiel. Il favorise le fait d’analyser les antécédents familiaux à l’aide d’un arbre généalogique médical, et d’évaluer les probabilités pour chaque membre de la famille.

Même s’il n’existe pas de traitement curatif à ce jour pour la maladie de Charcot-Marie-Tooth, de nombreuses approches non médicamenteuses contribuent à préserver la mobilité et à améliorer la qualité de vie. Les soins de rééducation fonctionnelle sont centraux :
La gestion de la CMT repose sur une approche multidisciplinaire : une coordination efficace entre plusieurs professionnel•les de santé dans l’objectif de répondre aux divers besoins des principaux concernés :
La recherche scientifique avance à grands pas dans le domaine des neuropathies héréditaires comme la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT). Entre nouvelles stratégies thérapeutiques et innovations technologiques, plusieurs pistes offrent un réel espoir. Actuellement, les chercheur•euse.s travaillent sur plusieurs approches prometteuses :
Le coup de pouce du poulpe : quelques liens utiles
• Association Charcot-Marie-Tooth-France : https://cmt-france.org/
• Centre expert en maladie rares de Paris : https://pitiesalpetriere.aphp.fr/centre-de-reference-constitutif-des-maladies-neuromusculaires-nord-est-ile-de-france/
Au-delà des traitements, les avancées technologiques offrent des solutions concrètes pour améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec une maladie de CMT :
Ces technologies sont intégrées dans des programmes de soins individualisés, en lien avec des centres de rééducation et des plateformes technologiques soutenues par l’AFM-Téléthon.
Adapter son cadre de vie est essentiel pour améliorer l’autonomie et le bien-être des personnes vivant avec des maladies neuromusculaires comme la CMT. Que ce soit à la maison, à l’école ou au travail, des ajustements concrets contribuent à gagner en confort et en sécurité.
Les associations jouent un rôle clé dans le parcours des principaux concernés et de leur entourage. Elles offrent un soutien moral, des informations pratiques et une médiation entre les familles et les professionnel•les de santé.
L’association CMT France est notamment un acteur incontournable. Elle propose :
S’entourer d’une communauté bienveillante, c’est aussi se sentir moins seul•e face à la maladie et accéder à des conseils éprouvés par d’autres familles.
Les premiers signes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) apparaissent souvent dès l’enfance ou l’adolescence. Ils incluent généralement :
Chaque personne ne présente pas tous ces signes, et l’intensité varie selon le type de CMT.
La maladie regroupe plusieurs formes, classées selon : la zone du nerf touchée (myéline ou axone), le mode de transmission génétique, et le gène impliqué.
Les principales formes sont :
Oui, la maladie de Charcot-Marie-Tooth est une pathologie évolutive, mais elle progresse lentement. Les symptômes s’aggravent au fil des années, souvent sur plusieurs décennies. Certaines personnes conservent une bonne autonomie toute leur vie, tandis que d’autres auront besoin d’aides techniques pour se déplacer ou réaliser certains gestes du quotidien.
Actuellement, il n’existe pas de traitement curatif. En revanche, de nombreux soins contribuent à ralentir les effets et d’améliorer la qualité de vie :
Des recherches sont en cours, notamment en thérapie génique et ARN thérapeutique, avec des résultats prometteurs sur modèles animaux.
Oui, c’est une neuropathie génétique. Elle peut être transmise selon plusieurs modes :
Des cas dits “de novo” (sans antécédents familiaux) sont aussi possibles.
L’espérance de vie est généralement normale. Bien que la maladie de Charcot-Marie-Tooth puisse être handicapante, elle n’affecte pas les fonctions vitales comme la respiration ou la cognition.
De nombreuses solutions favorisent l’adaptation du quotidien :
L’association CMT France joue également un rôle essentiel dans le soutien et l’orientation des familles dont l’un des membres vit avec la maladie de Charcot-Marie-Tooth.
Sources :