Les maladies neuromusculaires constituent un ensemble de maladies rares qui touchent le système nerveux périphérique. Elles entraînent un dysfonctionnement de la fonction motrice par différents mécanismes.
Les maladies neuromusculaires sont un groupe de maladies rares qui perturbent la communication entre les nerfs et les muscles et entraînent des difficultés à bouger. Cette atteinte motrice peut être dues à une atteinte :
ou des fibres musculaires
des neurones moteurs (ou motoneurones), des nerfs
de la jonction neuromusculaire
Si l’un de ces éléments ne fonctionne pas comme prévu, cela peut affecter certains gestes du quotidien comme marcher, respirer ou déglutir(1).
Aujourd’hui, il existe plus de 400 maladies neuromusculaires(2). Certaines sont rares, d’autres plus fréquentes. Des dizaines de milliers de personnes en France sont concernées. C’est pourquoi il est important de mieux les connaître, de les repérer tôt et de proposer une prise en charge adaptée.
Qu’est-ce qu’une maladie neuromusculaire ?
Définition et mécanismes des maladies neuromusculaires
Les maladies neuromusculaires sont des maladies chroniques souvent évolutives qui touchent les composants du mouvement volontaire (les neurones moteurs, les nerfs, la jonction musculaire, les fibres musculaires). Les maladies neuromusculaires sont généralement responsables d’une faiblesse musculaire progressive, pouvant s’accompagner de douleurs, de crampes, voire de paralysies.
Elles empêchent les muscles de bouger correctement : soit parce que les nerfs qui les contrôlent se détériorent, soit parce que les muscles ne réagissent pas correctement, ou encore parce que le message entre le nerf et le muscle ne passe pas bien(1,3). Le processus pathologique ne permet donc pas l’efficacité du mouvement ou de la contraction musculaire.
Quelles sont les causes des maladies neuromusculaires ?
Il y a plusieurs raisons possibles. Pour certaines affections, cela est dû à une anomalie génétique : celle-ci peut survenir de manière spontanée ou être héritée des parents. Cette anomalie va entraîner un dysfonctionnement dans la transmission ou la mise en œuvre du message moteur (à l’échelle d’une cellule, du nerf ou du muscle) et provoquer la maladie(3).
Dans d’autres cas, c’est le système immunitaire qui dysfonctionne et cible involontairement certaines parties du corps. Cela peut endommager les nerfs (on évoque alors des neuropathies), entraver le signal entre le nerf et le muscle (comme dans le cas de la myasthénie), ou provoquer une inflammation des muscles (les myosites)(1).
Il existe cependant d’autres causes dites acquises : l’utilisation de certains médicaments ou substances toxiques, une carence en vitamines, des troubles hormonaux, généraux ou encore des infections.
Plus de 400 maladies neuromusculaires existent. Quelles sont les plus communes ?
Maladies fréquentes
Certaines maladies neuromusculaires sont plus souvent diagnostiquées que d’autres. Parmi elles :
La dystrophie musculaire de Duchenne/Becker : maladie génétique grave apparaissant chez les garçons touchant le muscle.(4,5)
Les neuropathies de Charcot-Marie-Tooth : atteinte héréditaire des nerfs périphériques (= les « fils électriques » du corps qui transmettent les messages entre le cerveau et le reste du corps).
La dystrophie myotonique de Steinert : caractérisée par une myotonie (difficulté à relâcher un muscle après une contraction volontaire), des troubles cardiaques et endocriniens(7).
La myopathie facio-scapulo-humérale : débute souvent par une faiblesse des muscles du visage et des épaules(8).
D’autres pathologies sont moins connues du grand public, mais tout aussi impactantes :
L’amyotrophie spinale proximale liée au gène SMN1 : maladie génétique grave de la petite enfance qui touche le moto-neurone (= le messager qui envoie l’ordre du cerveau jusqu’aux muscles pour qu’ils bougent). (9).
Les myopathies mitochondriales : perturbation de la production d’énergie dans les cellules musculaires(10).
Les syndromes myasthéniques congénitaux : défauts de transmission neuromusculaire depuis la naissance(11).
Voici une liste non exhaustive des pathologies neuromusculaires :
Maladie rare du nourrisson liée à un défaut de dégradation du sucre (glycogène) dans les muscles. Ce sucre s’accumule, ce qui fait gonfler et affaiblir les muscles.
Défauts dans la production d’énergie cellulaire (énergie produite par la nourriture et l’oxygène que nous consommons, servant à faire fonctionner les cellules), touchant souvent plusieurs organes.
Désorganisation des fibres musculaires (cellules du muscle, fines et longues, qui se serrent et se détendent pour permettre de bouger), entraînant une perte de force progressive.
Crises temporaires où la personne ne peut plus bouger ses muscles, comme si elle était « paralysée » pendant un moment. Elles sont causées par un déséquilibre du potassium dans le sang. Ce potassium est essentiel pour que les muscles reçoivent les bons signaux du cerveau.
Défauts héréditaires de la transmission entre nerf et muscle.
Symptômes des maladies neuromusculaires
La nature des symptômes des maladies neuromusculaires est propre à chaque type de pathologie(1). Toutefois, plusieurs signes cliniques sont récurrents et doivent interpeller.
La faiblesse musculaire progressive est le symptôme le plus commun. Elle débute dans les jambes, les bras ou les muscles du visage, selon la maladie concernée(3).
Certaines personnes décrivent également des douleurs musculaires, une fatigue inhabituelle, ou des crampes répétées. Ces troubles peuvent altérer la marche, la prise en main ou même la respiration(1, 3).
Certaines pathologies, comme les dystrophies myotoniques, présentent des symptômes spécifiques : myotonie (difficulté à relâcher un muscle après contraction), troubles cardiaques, ou cataractes précoces(3).
L’identification de ces signes, même s’ils sont discrets, oriente vers un diagnostic.
Comment diagnostiquer une maladie neuromusculaire ?
Examens médicaux et tests génétiques
Pour établir le diagnostic d’une maladie neuromusculaire, l’ensemble des examens cliniques et biologiques a son importance(3). Le médecin réalise un examen clinique neurologique et demande des examens complémentaires spécifiques :
Électromyogramme (EMG) pour mesurer l’activité électrique des muscles.
Biopsie musculaire pour observer les cellules musculaires au microscope.
Tests génétiques pour identifier une éventuelle mutation responsable de la maladie.
Des analyses sanguines peuvent montrer parfois un taux plus élevé de CPK (créatine phosphokinase), signe d’une destruction musculaire.
Importance d’un diagnostic précoce
Un diagnostic précoce favorise une prise en charge plus rapide, et dans certains cas d’un traitement innovant permettant de ralentir la progression de la maladie.
C’est aussi un levier essentiel pour accéder à un protocole de recherche. Il facilite également le conseil génétique, c’est-à-dire un entretien avec un spécialiste pour comprendre si une maladie génétique peut toucher une personne ou sa famille, ainsi que les risques de transmission(3,12).
Traitements et prise en charge des maladies neuromusculaires
Approche médicamenteuse et thérapies en développement
Depuis quelques années, des thérapies innovantes sont accessibles pour certaines de ces maladies. Certaines stabilisent, d’autres freinent la dégradation motrice et peuvent apaiser les symptômes et ralentir l’évolution.
Certains médicaments sont déjà utilisés :
Les corticostéroïdes (13)(comme la prednisone) sont prescrits pour certaines formes, comme la myopathie de Duchenne. Ils aident à préserver la force musculaire et à retarder la perte de mobilité.
Les traitements immunosuppresseurs sont utilisés dans les formes auto-immunes. Ils visent à réduire l’inflammation lorsque le système immunitaire s’attaque aux muscles.
De nouvelles pistes de recherche sont aussi en cours :
Les thérapies géniques, comme l’exon skipping(14) ou la technique CRISPR(15) (une sorte de “ciseaux génétique” qui permet de corriger une erreur dans l’ADN), cherchent à agir directement sur l’origine de la maladie.
La thérapie cellulaire et certains biomédicaments font aussi l’objet d’essais cliniques. L’objectif : développer des traitements plus ciblés et durables.
Rééducation et maintien des capacités motrices
La rééducation fonctionnelle est un pilier central de la prise en charge. Elle vise à maintenir l’autonomie et à éviter les complications.
Les outils et méthodes utilisés incluent :
La kinésithérapie spécialisée
Des exercices d’assouplissement et de renforcement
Des orthèses pour soutenir les membres affaiblis
Le recours à des fauteuils roulants électriques ou aides à la marche peut être nécessaire, selon le degré d’atteinte(3).
Solutions innovantes pour améliorer la qualité de vie
L’innovation technologique apporte des solutions concrètes pour le quotidien :
Bras articulés fixés sur fauteuils pour soutenir et/ou alléger le poids des bras.
Exosquelettes passifs qui sont des dispositifs sans source d’énergie, qui utilisent des matériaux comme des ressorts, afin d’assister les mouvements répétitifs et réduire la fatigue
Orthèses dynamiques qui permettent un certain mouvement tout en offrant un soutien.
Bras robotiques d’assistance pilotables par l’utilisateur.rice : ils permettent de réaliser des gestes du quotidien en toute autonomie. De nombreuses personnes témoignent aujourd’hui de leur impact positif sur l’indépendance et la qualité de vie.
Les maladies neuromusculaires nécessitent une approche multidisciplinaire alliant médecine, génétique, rééducation et innovations techniques. Une meilleure compréhension de ces affections ouvre la voie à des traitements plus ciblés et efficaces(3). Informer, diagnostiquer tôt et accompagner sont les piliers d’une prise en charge réussie pour les maladies neuromusculaires.
Goyenvalle A, Vulin A, Fougerousse F, Leturcq F, Kaplan JC, Garcia L, et al. Le saut d’exon thérapeutique : un espoir pour les dystrophinopathies. médecine/sciences. 1 déc 2004;20(12):1163‑5.
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